J'inaugure ma nouvelle rubrique "Interviou".
Koitesque? Et bien c'est une rubrique dans laquelle j'ai envie de vous parler de ces gens qui ont un jour fait ou dit quelquechose qui m'a marqué, qui m'a interpellé ou fait réflechir. Des gens de l'ombre comme vous et moi, qui n'ont à priori rien d'extraordinaire mais qui pour une raison ou une autre ont leur place ici.
Cette nouvelle rubrique commence donc par Jacky. Une drôle de rencontre qui date d'il y a quelques mois et dont je voulais vous parler sans savoir trop quand et comment.
Levée de rideau
Jacky, artiste peintre, la cinquantaine bien tassée (Peut-être soixante, j'ai du mal à évaluer.). Il expose aux Etats-Unis. Grand voyageur, il parcourt le monde depuis 27 ans avec sa douce.
Après l'avoir rencontré dans le cadre professionnel (Je vais peut-être retravailler le site Internet de sa galerie) je me retrouve à discuter avec lui autour d'un café et de fil en aiguille, nous voici en train de parler du grand amour, et du fait de rester toute sa vie avec la même personne.
Il me raconte qu'étant jeune, il n'aurait jamais imaginer passer sa vie avec la même personne. "Tu ne voudrais pas manger du steak frites toute ta vie, hein?" me dit-il. Cette phrase me fait sourire. "On a besoin de changer de saveur, non?" J'acquiesce timidement.
"Et pourtant, ça en vaut la peine. C'est comme le vin. On découvre de nouvelles saveurs dans la suite, en vieillissant. L'amour c'est pareil." Et il m'explique alors comment l'amour-passion se transforme au fil des années en l'amour-tendresse. "Et ça vaut le coup".
Puis il me raconte l'accident. Celui de sa femme, qui les obligerons à cesser leurs voyages autour du monde, sa femme qui souffre du matin au soir et du soir au matin avec son dos en compote. Il me dit: "Plusieurs fois j'ai eu envie de la quitter, j'avoue. C'était trop dur. Quand c'est l'autre qui souffre c'est pire que de souffrir soi-même. ça te ronge."
Mais il est resté, et il ne l'a jamais regretté.
Je lui demande s'il a des enfants. Il me réponds: "Non, on a choisi. On a choisi l'insouciance, on a choisi de vivre à notre rythme." Il me raconte alors les années galères, sans un sou en poche à l'autre bout du monde. Même pas de quoi acheter un tube de gouache.
Puis, il me parle de ce jour (il y a 20 ans) où son ami américain, qui exposait gracieusement quelques unes de ces oeuvres dans sa galerie, l'appelle et lui annonce la vente de toutes ses toiles! Un homme d'affaires canadien qui y a vu un potentiel énorme et qui a tout acheté. C'est le déclenchement. Depuis il expose un peu partout, essentiellement outre-atlantique.
C'est la fin de notre entrevue, je n'ai pas vu le temps passer. Puis avant de partir, comme pour me rassurer, il me lance: "Tu sais, l'amour c'est comme une traversée en avion, un vol long-courrier, il y a des zones de turbulences, mais dans l'ensemble ça se passe bien..."
Fin
par Kate
publié dans :
Interviou












